Pino Corrias - Nous dormirons quand nous serons vieux










 
Oscar Martello est un producteur autodidacte, devenu une figure incontournable dans le milieu du cinéma italien. Il a le visage d'un bandit rongé par l'insomnie. Pour sauver son dernier film promis à un échec, il a un plan. 
Andrea Serrano, son meilleur ami, est un sénariste reconnu qui sait transformer les amours et les meurtres pour le grand plaisir des spectateur.
Jacaranda Rizzi est une actrice, les yeux couleur miel, avec un vide à remplir et un secret à expluser. Une vengeance à accomplir et pas de place pour guérir.
Trois personnages en quête d'identité et d'amour.
"Nous dormirons quand nous serons vieux" est une radiographie d'une nouvelle dolce vita romaine, plus amère que jamais. Une chronique d'une amitié empoisonnée par la trahison. D'un amour qui appartient aux cinéma. De solitudes coûteuses sans remède. De personnages désabusés.



On se retrouve dans l'univers du cinéma italien entre luxe et paillettes, où la corruption va bon train - argent, drogue, sexe - et est en lien direct avec les politiques et l'église.
Nous suivons trois personnages : Oscar, le réalisateur qui se croit supérieur à toutes les personnes qu'il côtoie et dont l’ascension n'est pas très nette ; Andrea, son meilleur ami et scénariste qui ne voit que le bon côté des gens ; et Jacaranda, l'actrice désabusée qui a décidé de révéler toute la vérité.
Mais entre nos trois personnages, qui manipule et qui est manipulé ?

Une nouvelle dolce vita romaine, plus amère que jamais ? Oui, bien amère ! Pour moi la dolce vita, c'est plutôt profiter d'un après-midi ensoleillé à une terrasse de café entouré de gens qu'on apprécie... Mais là, on en est vraiment loin. Les mauvais côté des dessous du cinéma italien nous sont exposés sans détour !

J'ai réellement eu du mal à rentrer dans l'histoire ; il m'a fallu presque la moitié du roman car dans un premier temps l'auteur se focalise uniquement sur Oscar Martello, un peu sur son enfance et beaucoup sur son ascension douteuse dans le milieu du cinéma. Peut-être aurait-il été plus judicieux de disséminer ces révélations au fur et à mesure du livre pour que le lecteur soit emporté plus tôt par ce qui est plus important (du moins à mes yeux) : l'intrigue du livre (Oscar demande à Andrea et Jacaranga de disparaitre à Paris et de jouer les amoureux afin de booster les entrées ciné du dernier films qu'il a produit).
La seconde moitié du roman est clairement plus rythmé par les actions des personnages et j'ai beaucoup plus apprécié.

Alors, bien sûr, le personnage avec un grand P du roman est Oscar et il est plus que détestable.  De ce fait, il est très difficile de l'apprécier. On n'a qu'une seule envie, le faire redescendre sur Terre et qu'il paie pour tout le mal qu'il a pu faire autour de lui dans sa vie personnelle ou professionnelle !

Le style de l'auteur, quand à lui, colle bien avec l'histoire qu'il nous propose : il est cynique et amer !



Un énorme merci aux éditions Michel Lafon pour l'envoi de ce roman
ainsi qu'à Babelio pour l'organisation de la masse critique.