Kathryn Stockett - La couleur des sentiments


Lu aux éditions Babel - 599 pages
(grand format aux éditions Jacqueline Chambon)
Historique
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Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noire qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même lui laisser un mot.
La jeune bourgeoise blanche et les deux bonnes noirs, poussées par la sourde envie de changer les choses malgré la peur, vont unis leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.
Passionnant, drôle, émouvant, "La couleur des sentiments" a connu un succès considérable dans le monde entier, et a été adapté au cinéma. En France le romans a reçu en 2011 le grand prix des lectrices de Elle.
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Dans les années 1960, dans le sud des Etats-Unis, la ségrégation raciale est au cœur de l'actualité. Nous retrouvons ici deux bonne noires, Aibileen et Minny ainsi qu'une jeune bourgeoise blanche. Cette dernière est totalement contre les lois raciales ce qui n'est pas le cas de tous ses amis. Avec les deux femmes noires, elles vont essayer de faire bouger les choses.

Le très gros coup de cœur pour ce livre vient d'abord du côté historique du roman. Car pour moi c'est un livre intelligent, une lecture dont on ressort avec de nouvelles connaissances. Et aussi dont on ressort révoltée par le comportement de la plupart des blancs envers les noirs à cette période. Dire qu'avec cette histoire, il n'y a qu'une cinquantaine d'années qui nous séparent.
On fait allusion à Rosa Park et sa façon admirable de ne pas avoir laisser sa place assise à un Blanc dans un bus en 1955. Mais aussi du Ku Klux Klan, ce groupe suprématiste blanc qui est d'une extrême violence contre les Noirs.

Le fait que ce soit un roman choral joue aussi énormément. On suit dont Aibileen, Minny et Skeeter chacune leur tour, et leurs chapitres s'alternent jusqu'à la fin de l'histoire. Ce procédé permet une lecture plus rythmée. Et on tourne donc les pages sans s'en rendre compte. Le fait d'avoir le point de vue de personnes de couleurs différents sur le sujet principal du livre qu'est la ségrégation raciale est pour moi idéal. De plus, l'écriture de l'auteure est juste parfaire, étant donné qu'elle écrit de façon différence pour les trois personnages !

Et les personnages, quels personnages ! Bien sûr, nos trois femmes sont vraiment bien développées et réalistes ; elles nous font rire, pleurer et frissonner de peur. Mais c'est aussi le cas de Celia, une bourgeoise blanche amie de Skeeter, que j'ai eu envie d'étrangler du début à la fin tellement elle m'a énervé avec ses remarques racistes et son histoire de toilettes séparées !

A lire !

chez les éditions Jacqueline Chambon et Babel

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