David Foenkinos - Les souvenirs



"Les souvenirs" 
de David Foenkinos
Lu aux éditions Folio - 290 pages
(grand format aux éditions Gallimard)
Contemporain
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"- C'est pour quoi ? me demanda le caissier.
- Il y a huit ans, j'hésitais devant toutes les barres chocolaté. Je ne savais pas laquelle choisir. Et vous m'avez conseillé des Twix, parce qu'ils sont deux.
- Ah bon ? Il y a huit ans ? Je ne m'en souviens plus. Vous voulez quoi ? Un autre Twix ?
- Non c'est juste que j'ai des problèmes en ce moment dans mon couple. Alors, je coulais avoir votre avis. Je me suis dit que vous deviez être aussi doué avec les femmes."
 
Comme dans "La délicatesse", David Foenkinos parvient à traiter avec beaucoup d'humour des moments graves d'une vie. Il sait comme personne trouver le détail qui enchante notre quotidien pour évoquer la vieillesse, le passage à la retraite, la vie conjugale. Tous les évènements d'une vie qui forment les souvenirs.
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Le narrateur, dont on ne connaîtra jamais le prénom, est un jeune homme mélancolique et discret en quête du grand amour qui a décidé d'être veilleur de nuit dans un hôtel afin de se consacrer à l'écriture.

On peut scinder ce livre en deux parties et chacune d'elles aurait pu être, à mes yeux, un roman à part entière.

Dans la première, l'histoire tourne principalement autour de la grand-mère du narrateur. Après le décès du mari de celle-ci, ses trois enfants décident de la placer dans une maison de retraite afin de la savoir surveiller si jamais il lui arrivait quelque chose. Sauf que Denise, qui a encore tout ses capacités physiques et mentales, n'aspire qu'à la liberté qu'on lui a retiré.
J'ai vraiment adoré cette moitié qui traite de la vieillesse et du rapport parents-enfants quand ces derniers sont à l'âge d'être à la retraite. L'auteur nous décrit les maisons de retraite de façon sinistre et funèbre (avec toutefois une pointe humour), mais tombe dans le vrai. J'aurais voulu que David Foenkinos développe cette partie encore plus car cette grand-mère est le personnage auquel je me suis le plus attaché. J'aurais souhaité encore plus de souvenirs d'enfance de Denise et de moments passés avec son petit-fils avec qui elle est bien plus complice qu'avec ses propres fils.

Dans la seconde partie, le narrateur nous parle de son histoire d'amour avec Louise. J'ai largement moins apprécié lire cette moitié, tout simplement parce que j'étais encore plongée dans la partie précédente... On est quand même passé du coq à l'âne, de la tristesse à la joie du narrateur en quelques instants, et ça m'a dérangé !

L'alternance entre chapitres et souvenirs est intéressante, même si souvent le souvenir n'a de rapport avec le roman que le nom d'une personne célèbre - Van Gogh, Serge Gainsbourg, Claude Lelouch,... - citée dans le chapitre précédent ou d'un personnage d'arrière-plan n'ayant que peu ou pas utilité dans l'histoire. C'est original et donc ça colle parfaitement au titre...

Pour terminer, David Foenkinos a une belle plume fluide. Quand j'ai lu "La délicatesse", je n'avais pas accroché plus que ça à l'histoire, mais avec "Les souvenirs", j'ai de suite adhéré à ce roman rempli de nostalgie et d'amour qui nous fait instinctivement penser à nos propres souvenirs et à ceux qu'on espère se forger...


chez les éditions Gallimard et Folio

http://www.gallimard.fr/var/storage/images/product/5d2/product_9782070134595_195x320.jpg        http://www.folio-lesite.fr/couv_maxi/01070535851.gif?14379426984370.8250675190892108
Je n'ai jamais aimé les affiches de films en couverture de livre et là encore une fois c'est le cas. Par contre, j'adore la couverture de mon édition.